La psychanalyse au coeur du dispositif thérapeutique

Comme le déclarait Freud "... (le travail analytique) ressemble dans une large mesure à l'excavation archéologique d'une demeure qui a été détruite et ensevelie...(...) l'analyste travaille dans des meilleures conditions que l'archéologue, ayant plus de matériel à sa portée pour l'aider, car il est à la recherche de quelque chose qui n'est pas détruit mais toujours intact, toujours vivant." Freud, Constructions en analyse, 1937.

L’existence de l'inconscient

L’existence de l'inconscient, un postulat psychanalytique

L’existence de l'inconscient "Refouler (...) revient à savoir si j'envoie un hôte indésirable dans mon salon ou dans mon antichambre, ou bien si, l'ayant reconnu,  je ne le laisse pas même franchir le seuil de ma demeure." Freud, la métapsychologie, 1915.

Ma pratique psychothérapeutique est d’obédience analytique. Cela signifie que j’utilise les techniques issues des découvertes freudiennes, le rêve, l'association libre, les lapsus, qui sont en lien avec la découverte de l’inconscient. En effet, c'est bien ce postulat qui prône l'existence de l’inconscient qui distingue les thérapeutes d'orientation analytique et les psychanalystes des thérapeutes d'orientation cognitive, par exemple.
En effet, dans les TCC (Thérapies Comportementales Cognitives), le postulat inverse consiste à ne pas se préoccuper de "la boite noire", c'est-à-dire, de ne pas fonder son écoute sur ce postulat de l'inconscient, mais plutôt, sur ce qui émerge à la conscience et au préconscient.

Dans l'inconscient - qui est aussi le garde fou de notre psyché, car qui pourrait supporter de voir en toute transparence toutes ses tribulations ? -  c'est, à notre insu, un conflit intrapsychique qui se joue. Comment naît ce conflit ? D'instances internes, le moi, le ça, le surmoi, qui ont des exigences inconciliables entre désirs et représentations que se fait le sujet. Le sujet refoule donc ce qui pourrait apparaître consciemment comme un conflit.

Il s'agit, lors d'une thérapie ou d'une analyse, de rendre moins opaque ce conflit inconscient, par la levée du refoulement, d'en comprendre le sens très subjectif mais également de l'élaborer, de le travailler, de le réaménager pour pouvoir mieux vivre.

L’enfance

L’enfance

L’enfance«Pourquoi aller chercher dans le passé ? Je ne le changerai pas !» Paroles d’une patiente.

En effet, en thérapie, il ne s’agit pas de refaire l’histoire mais bien plutôt de la ré-écrire, c'est-à-dire pouvoir prendre suffisamment de recul pour s’entendre narrer sa propre histoire à un autre, témoin, objet de transfert; parler, c’est aussi pouvoir découvrir en soi, un autre éclairage de cette même histoire ou une part insoupçonnée de sa propre personnalité.

Etre en thérapie, c’est innover un point de vue sur sa propre préhistoire, c'est pouvoir identifier une place, sa propre "déléguation transgénérationnelle" familiale, c'est-à-dire, entrevoir la mission inconsciente mandatée par notre propre famille, pour pouvoir faire un pas de côté, pour s’en décentrer, s’y déplacer et par ce «jeu»  introduit, et pouvoir alors ouvrir d’autres portes en soi. Travailler sur soi dans le processus psychothérapeutique, c’est gagner en liberté, c’est pouvoir être le biographe de sa propre histoire, sans que l’inconscient familial ne l’inscrive, ne la fige indéfinitivement dans des répétitions. C’est pouvoir retrouver son libre arbitre, pour agir et vivre mieux, c’est saisir les rennes de son destin et pouvoir soi-même transmettre autrement .

L'enfance, comme la nomme Freud, cette période de "préhistoire personnelle" recèle les germes, les signifiants de ce qui fait celui ou celle que nous sommes aujourd'hui. Certaines traces, certains souvenirs anciens, parfois  intacts, d'autres plus récents se cotoient (dans des temporalités simultanées comme le souligne Freud) s'associent, se combinent dans une géométrie fabuleuse, découvrant, donnant à un sens à l'insoupçonnable. Plonger dans l'inconscient, si riche et tellement préservé du temps qui passe, en naviguant  par le biais de ce qui livrent les rêves, mais aussi des souvenirs parfois banaux, c'est aller à la découverte de son intime, à la redécouverte de soi.

La parole

La parole

La parole

«L’être humain trouve dans le langage un équivalent à l’acte, équivalent grâce auquel l’affect peut être abréagi.» Freud,  Etudes sur l’hystérie, 1895.


Il s’agit donc de s’en remettre comme seul outil visible au pouvoir de la parole, situation nommée par une des premières patientes de la «talking cure», traitement qui servit au fondement de la psychanalyse. S’adresser au clinicien viendra s’inscrire comme témoin ou dépositaire d’une parole. Comme Freud le postulait «les paroles elles mêmes constituent le réflexe adéquat comme dans la plainte ou dans l’expression de la douleur liée a un secret». La parole englobe une réalité psychique pour celui qui parle. Parler c’est aussi ouvrir, c’est perdre le fantasme idéal de pouvoir dire exactement ce qu'on souhaitait, c'est se déposséder d'une part de soi, c’est accepter cette perte mais aussi créer une ouverture : quand elle se déploie, elle est porteuse de fantasmes, d affects.

L’association libre

L’association libre

L’association libreL’une des découvertes majeures de Freud est celle de la libre-association. Il ne s’agit pas d’avoir, en séance, un discours construit, retenu, contrôlé mais bien plutôt d'observer ses pensées passer comme on regarde un paysage assis dans un train comme le proposait  Freud, «de dire tout ce qui vous passe par la tête» dans la mesure où cette parole est possible, sans se faire violence mais sans endiguer non plus les images ou associations aussi insolites qu'elles paraissent. C’est plus le chemin parcouru, le récit fait dont l'inconscient délivre son message que la chute de l'histoire qui nous intéresse.

Il est moins question d’un dévoilement de sens qu’un surgissement que l’inconscient produit, par le biais d'un lapsus par exemple, d'un acte manqué ou d'un oubli!

Le rêve

Le rêve

Le rêveLe rêve, comme un rébus à décoder, est très personnel. Il n'y a pas, dans le postulat de la psychanalyse, de symbolisme précis qui se lirait comme un dictionnaire de rêves : au contraire! Chaque rêve est intime, unique car chaque rêveur est différent. Un même rêve fait par 2 patients différents aura des significations totalement inverses, dans le sens, où chaque sujet, fort de son inconscient unique aura ses propres représentations, sa propre grammaire, sa chaîne de signifiants très individuelle.

Le rêve serait une sorte «d’énigme en images» tout a fait personnelle. Il ne faut pas confondre le symbolisme du rêve qui donnait une signification figée à un type de rêve. Le rêve, tel que Freud le décrit, dans «l’Interprétation des rêves » est véritablement une création de l’inconscient, une sorte de «lettre adressée à soi-même» sous forme déformée.

Le cauchemar, lui,  serait , selon Freud, l'échec du rêve, en ce sens que le Désir ne serait plus voilé par un rébus énigmatique et que les fantasmes inconscients seraient alors mis à nu d'une façon qui serait insupportable à la conscience. Répétitif, il n'arriverait pas à inscrire à l'encre, à réparer en profondeur une blessure, comme on peut le voir dans le cas d'un cauchemar répétitif pris dans un contexte traumatique.

Le cadre

Le cadre

Le cadreLa séance dure 45 minutes.
Elle a lieu hebdomadairement au moins, dans le même lieu, le même jour et à la même heure. Ce cadre contenant, est un fondement de la thérapie analytique. Il permet de contenir en un temps et en un lieu le corps de ce qui va se dire.

Dans le cadre d'une analyse, où le dispositif de la cure convoque par la position allongée sur le divan, une régression plus importante, il est préférable de rapprocher les séances; en effet l'inconscient, plus saillant, fait surgir un afflux de matériel psychique plus conséquent qui mérite toute notre attention et qui peut majorer, de façon légitime, certaines angoisses pour l'analysant.